Optex SL-100TNR : la barrière infrarouge pour le particulier
Actif ≠ passif
Sommaire
ToggleUne barrière infrarouge ne détecte pas la chaleur d’un corps, elle détecte une absence de lumière. Cette nuance commande tout le reste : le nombre de faisceaux, le nombre de canaux, la hauteur de pose, le réglage du temps de coupure. La SL-100TNR a une particularité : elle se raccorde en radio comme en filaire. Son capot loge l’émetteur radio de votre marque d’alarme, et le convertisseur PCU-5 la transforme en détecteur filaire classique. Côté énergie, plusieurs options : piles lithium, alimentation par la centrale d’alarme via le PCU-5, ou piles partagées avec le module radio grâce au BCU-5. Elles n’ont pas du tout les mêmes conséquences. Voici ce que la fiche constructeur ne dit pas.
À retenir
La SL-100TNR est une barrière active à deux faisceaux, 30 mètres, raccordable en radio ou en filaire, alimentable sur piles, par la centrale via le PCU-5, ou sur piles partagées avec le module radio via le BCU-5. Son vrai atout : le défaut batterie de la colonne émettrice remonte au récepteur par le faisceau lui-même, ce qui permet de superviser les deux colonnes avec un seul module radio. Ses deux vraies limites ne sont pas dans la brochure : elle est mono-canal, ce qui interdit de superposer deux jeux ou d’en aligner deux sur un même axe, et ses trois sorties sont des commutateurs statiques 3,6 V / 10 mA, inutilisables sur une zone 12 V sans le convertisseur PCU-5. Bien posée, à la bonne hauteur et au bon temps de coupure, c’est un excellent produit. Mal réglée, elle se franchit en courant.
Deux colonnes de 295 mm. L’émettrice envoie deux faisceaux infrarouges modulés, la réceptrice les surveille en permanence.
Le capot réserve un volume de 35 x 47 x 141 mm pour un émetteur radio tiers. La même barrière s’intègre donc chez Ajax, Hikvision, Vesta ou n’importe quelle marque proposant un module d’entrée filaire radio.
Alignement au viseur intégré à grossissement x2, validé par une LED et, pour finir, au testeur. Débattement de 90 degrés de part et d’autre en horizontal, mais 5 degrés seulement en vertical. La section sur l’alignement détaille la méthode.
L’infrarouge actif, ce n’est pas l’infrarouge passif
Le passif mesure une chaleur. L’actif mesure une absence.
Les deux familles n’ont en commun que le nom, et les confondre conduit à des erreurs de pose.
- L’infrarouge passif, celui des détecteurs de mouvement d’intérieur. Le capteur n’émet rien, il mesure le rayonnement thermique ambiant et réagit à une variation. Il lui faut une surface chaude en mouvement dans un volume.
- L’infrarouge actif, celui des barrières. L’émetteur produit son propre rayonnement, le récepteur le surveille. Ce n’est plus de la détection de chaleur, c’est de la détection d’occultation. Un carton froid coupe le faisceau aussi bien qu’un être humain, et un intrus en combinaison isolante ne passe pas davantage.
Émission
La colonne émettrice envoie en permanence deux faisceaux infrarouges, invisibles, qui clignotent à un rythme précis.
Réception
Le récepteur ne tient compte que de la lumière qui clignote à ce rythme. Le soleil, les phares et l’éclairage public sont ignorés.
Occultation
Les deux faisceaux doivent être coupés en même temps. Un seul faisceau masqué ne déclenche rien.
Temporisation
La coupure doit durer au moins le temps réglé : 50, 100, 250 ou 500 millisecondes selon le cran choisi.
Sortie
Le récepteur signale l’alarme pendant 2 secondes, sur une sortie électronique très faible : 3,6 V et 10 mA.
Pourquoi le faisceau est modulé
Le soleil est infiniment plus lumineux que l’émetteur. Et pourtant il ne déclenche rien.
Un faisceau infrarouge continu serait noyé sous la lumière ambiante. Le soleil rasant, des phares, un lampadaire à vapeur de mercure, un tube fluorescent émettent tous dans le proche infrarouge, souvent bien plus fort que l’émetteur de la barrière à 30 mètres.
La parade : l’émetteur ne brille pas en continu, il clignote très vite, à un rythme précis. Le récepteur ne s’intéresse qu’à la lumière qui clignote à ce rythme-là. Le soleil brille en continu : il est ignoré, même s’il est infiniment plus fort. C’est le principe de la télécommande de télé, qui marche en plein jour. Pour les électroniciens : c’est une détection synchrone.
Les versions supérieures QDM et QDP vont plus loin avec une double modulation, des lentilles asphériques et une protection à trois niveaux contre les sources lumineuses externes : filtre dans le capot, photodiode sensible aux seules pulsations de l’émetteur, circuit de compensation qui reconnaît la double modulation. La documentation Optex de la TNR ne revendique aucun de ces trois points.
Portée de détection et portée maximale
265 mètres annoncés pour 30 mètres d’usage. Ce n’est pas une contradiction commerciale.
La SL-100TNR est donnée pour 30 m de portée de détection et 265 m de portée maximale. Le rapport entre les deux, environ 8,8, n’est pas un argument de brochure : c’est de la marge. À 30 mètres, la barrière envoie près de neuf fois plus de portée qu’il n’en faut. C’est cette réserve qui permet au faisceau de continuer à passer à travers du brouillard, de la pluie battante, d’une chute de neige ou d’un hublot encrassé par six mois de pollen.
Conséquence pratique
Ne posez jamais une barrière à sa portée nominale. Sur 25 mètres de jardin, une SL-100TNR travaille très en dessous de sa capacité et garde une marge considérable. Sur une SL-200TNR utilisée à 60 mètres, le ratio est le même, mais chaque mètre de brouillard pèse davantage en valeur absolue. À budget égal, choisir le modèle dont la portée nominale dépasse largement la distance à couvrir est le meilleur investissement anti-fausse alarme que vous puissiez faire.
Le nombre de faisceaux
Deux faisceaux font une ligne, pas un mur.
Une barrière à deux faisceaux fonctionne en logique ET : les deux doivent être coupés en même temps. C’est le premier filtre anti-fausse alarme. Un oiseau, une feuille ou un chat qui traverse un seul faisceau ne déclenche rien, parce qu’il n’est pas assez haut pour couper les deux.
Monter à quatre faisceaux, comme sur les SL-QDM et SL-QDP, apporte deux choses. Une hauteur de barrage plus importante, donc plus difficile à enjamber. Et une meilleure immunité aux oiseaux et aux chutes de feuilles, qu’Optex met explicitement en avant sur ces modèles. Le prix à payer est la consommation, rédhibitoire sur une barrière à piles : c’est précisément pour ça que la TNR reste à deux.
Ce que deux faisceaux impliquent vraiment
Sur une colonne de 295 mm, les deux faisceaux sont séparés de quelques centimètres. Le barrage est une bande mince, pas un mur. Posée à 50 cm du sol, la barrière s’enjambe. Posée à 1 mètre, elle se franchit en rampant. La hauteur de pose n’est pas un choix esthétique, c’est le paramètre de sécurité numéro un de ce détecteur.
La parade classique consiste à superposer deux jeux pour construire une hauteur utile. La section suivante explique pourquoi ce n’est pas possible ici.
Le nombre de canaux, l’oublié des fiches produit
Un seul canal : deux barrières proches peuvent se confondre.
Un récepteur ne reconnaît pas « son » émetteur à sa position. Il reconnaît une lumière infrarouge qui clignote à un rythme précis, exactement comme votre télé reconnaît sa télécommande. Ce rythme, c’est le canal.
Avec une seule barrière, la question ne se pose pas. Avec deux barrières proches qui clignotent au même rythme, le récepteur de l’une peut recevoir la lumière de l’autre. Le jour où un intrus coupe son faisceau, il continue de recevoir la lumière voisine, croit que tout va bien, et ne déclenche pas.
Les barrières plus haut de gamme ont donc un sélecteur : on règle chaque jeu sur un rythme différent, canal 1, 2, 3 ou 4, et chaque récepteur ignore les autres. Optex l’écrit noir sur blanc dans sa documentation d’installation : la sélection des fréquences est « indispensable pour éviter les perturbations entre barrières ».
La SL-100TNR n’a qu’un seul canal
Dans la nomenclature Optex, le N de TNR signifie monocanal, pas de sélection de canal. Toutes les TNR clignotent au même rythme, et vous n’y pouvez rien. Optex Europe la référence d’ailleurs comme single channel. C’est la limite d’implantation la plus importante de ce modèle, et elle n’apparaît nulle part dans la présentation commerciale française.
Ce que ça change concrètement, en s’appuyant sur les schémas de la documentation Optex :
- Superposer deux jeux pour gagner en hauteur : non. Sur son schéma de barrières superposées, Optex règle chaque étage sur un canal différent. Sans sélecteur, le récepteur du haut verrait aussi l’émetteur du bas.
- Deux barrières qui se regardent en diagonale : non. C’est le cas qu’Optex barre d’une croix : un récepteur qui a dans son champ l’émetteur d’une autre barrière.
- Deux jeux bout à bout dans le même sens : non. Le faisceau ne s’arrête pas au premier récepteur. Il s’élargit en route, déborde de la colonne et porte bien plus loin que 30 mètres : il arrive aussi sur le second récepteur. Voir le schéma ci-dessous.
- Deux jeux bout à bout, récepteurs dos à dos : oui. C’est la disposition qu’Optex dessine sur le même canal. Chaque récepteur ne regarde que son propre émetteur, et derrière lui il n’y a qu’un autre récepteur, qui n’émet rien.
- Un troisième jeu sur la même ligne : à éviter. Sur ce même schéma, Optex change de canal pour le tronçon suivant. Avec une TNR, impossible : on s’arrête à deux.
- Attention aux reflets. Un mur clair ou une baie vitrée peut renvoyer le faisceau d’une barrière vers le récepteur d’une autre.
Deux SL-100TNR alignées sur le même axe. Elles ont forcément le même canal : seule la disposition les sépare. D’après le schéma « barrières alignées » de la documentation d’installation Optex.
La règle à retenir avec une TNR
Un récepteur ne doit jamais avoir un autre émetteur que le sien dans son champ de vision : ni en face, ni en diagonale, ni par un reflet. Si votre projet ne permet pas de respecter cette règle, il vous faut une barrière avec sélecteur de canal.
Où se situe la TNR dans la gamme Smart Line
| Critère | SL-TNR | SL-QDM / SL-QDP |
|---|---|---|
| Faisceaux | 2 | 4 |
| Canaux | 1 | 4, avec sélecteur |
| Modulation | simple | double |
| Réglage de puissance du faisceau | non | manuel ou automatique |
| Discriminateur environnemental | non listé | fonction D.Q. |
| Chauffage | non précisé par Optex | option HU-3 |
| Alimentation | piles, hybride via PCU-5, piles partagées via BCU-5 | filaire, 10,5 à 30 VDC |
| Viseur Sniper x2 | oui | oui |
Le temps de coupure, le réglage que tout le monde inverse
Un réglage long ne se franchit pas lentement. Il se franchit en courant.
Le temps de coupure est la durée minimale pendant laquelle les faisceaux doivent rester masqués pour que l’alarme soit validée. Le raisonnement se fait à l’envers de l’intuition : plus un intrus va vite, moins longtemps il masque le faisceau, et plus il a de chances de passer inaperçu.
Ordres de grandeur calculés pour un obstacle de 30 cm de profondeur. Le corps humain varie, la logique ne varie pas.
Le graphique est sans appel. Au cran 500 ms, aucun franchissement à pied n’est validé, pas même la marche lente. Ce réglage n’est pas fait pour les piétons : il est fait pour les environnements très perturbés où l’on accepte de ne détecter que des masquages longs, typiquement un véhicule. Au cran 50 ms, tout passage humain est vu, mais un oiseau et une feuille aussi.
Optex livre le récepteur préprogrammé à 50 ms et associe chaque cran à une allure : 50 ms pour la course, 100 ms pour le jogging, 250 ms pour la marche, 500 ms pour un mouvement lent. Le réglage d’usine est donc le plus sensible, et le plus exposé aux oiseaux et aux feuilles.
Pour un jardin résidentiel, je m’écarte volontairement de ce réglage d’usine : 100 ms est le réglage de départ raisonnable. Il valide la course à 5 m/s de justesse et laisse filer la plupart des transitoires. Passez à 50 ms si vous protégez un couloir étroit et que les fausses alarmes restent rares. Ne montez à 250 ms que si vous avez un vrai problème de faune, en sachant exactement ce que vous abandonnez.
Précision de méthode
Ces durées sont des ordres de grandeur, pas des mesures. Elles supposent un obstacle de 30 cm de profondeur traversant perpendiculairement les deux faisceaux. Un franchissement en biais, un corps plus mince ou un saut allongent ou raccourcissent l’occultation. Optex ne publie pas ce calcul : il se contente d’associer chaque cran à une allure, course, jogging, marche ou mouvement lent, ce qui est la même chose vue de l’autre côté.
L’alignement : le viseur Sniper, la LED et le testeur
Le viseur vous amène à « bon ». Pour « excellent », il faut l’outil.
Un faisceau infrarouge est étroit, et à 30 mètres, le moindre degré d’erreur le décale de plus de 50 cm. Si le récepteur n’est touché que par le bord du faisceau, il reçoit assez de lumière par beau temps et plus assez sous la pluie ou dans le brouillard. Une barrière mal alignée marche en été et sonne en novembre. La marge de portée vue plus haut ne sert que si l’alignement est fait proprement.
Optex, dans sa propre documentation, classe la qualité d’alignement sur quatre niveaux : à refaire, passable, bon, excellent. Et montre jusqu’où chaque outil permet d’aller.
Sans viseur, on tâtonne. Sur une barrière classique, on aligne en regardant à travers un petit guide en croix, l’œil collé au boîtier. À 30 mètres, une colonne de 295 mm occupe un peu plus d’un demi-degré de champ : un bâtonnet de quelques millimètres, qu’on confond avec un poteau de clôture ou un tronc. On s’arrête dès que la LED s’éteint, c’est-à-dire souvent en bord de faisceau, et on découvre le problème au premier brouillard.
Le viseur Sniper est une vraie lunette. Grossissement ×2, réticule, et surtout elle est montée sur le bloc optique lui-même : elle tourne avec les lentilles, en horizontal comme en vertical. Ce que l’œil voit au centre du réticule, c’est ce que le faisceau vise. Le grossissement ramène visuellement la colonne d’en face de 30 à 15 mètres, deux fois plus de précision pour le même œil. Et l’intérieur des colonnes est orange vif précisément pour ça : capots retirés, la cible tranche sur une haie, un mur gris ou un tronc. C’est la raison pour laquelle les deux capots restent ouverts pendant tout le réglage.
Le résultat se mesure. Dans sa comparaison entre une barrière à guide classique et une SL à viseur Sniper, Optex place la première au niveau « passable » et la seconde au niveau « bon », sans autre outil. Sur le schéma plus bas, ça veut dire un récepteur au cœur du faisceau et non en bordure. Le viseur ne dit rien du niveau de signal réellement reçu, c’est le rôle de la LED puis du testeur. Mais il garantit la géométrie, et une géométrie juste est ce qui rend les deux étapes suivantes rapides.
Le geste à éviter
Une fois centré, on ne touche plus au bloc optique, surtout en remettant le capot. La notice est explicite : un déplacement de l’axe optique au remontage peut provoquer des dysfonctionnements et oblige à refaire l’alignement. Le compartiment piles, lui, est indépendant : on peut changer les piles sans rien dérégler.
Le viseur Sniper
Chaque colonne a une petite lunette intégrée, grossissement x2. On regarde dedans et on cherche la colonne d’en face. Son intérieur est orange vif précisément pour ça : on la repère même à longue distance. On règle en horizontal et en vertical jusqu’à la centrer. Selon Optex, le viseur seul amène au niveau « bon », là où les barrières classiques plafonnent à « passable ».
La LED du récepteur
Une seule LED, et une logique à retenir : allumée, aucun signal reçu ; clignotante, signal reçu mais insuffisant ; éteinte, signal correct. Oui, le bon état est LED éteinte. On affine le réglage jusqu’à ce qu’elle s’éteigne, puis on cherche les deux bords où elle se remet à clignoter et on se place au milieu.
Le testeur
Pour atteindre « excellent », Optex renvoie à son testeur, qui se branche sur le récepteur et affiche le niveau réellement reçu. C’est un outil d’installateur, vendu à part. Sans lui, vous restez à « bon », ce qui suffit pour 25 mètres en jardin, pas pour une barrière en limite de portée.
Le test de passage
Capots refermés, on traverse le faisceau en marchant, en courant, en se baissant, à plusieurs endroits sur la longueur. Chaque passage doit remonter dans l’application de l’alarme. Un passage non vu signifie un temps de coupure trop long ou une hauteur de pose à revoir, pas un défaut d’alignement.
Le faisceau s’élargit avec la distance. Réglé en bord de faisceau, le récepteur reçoit assez de lumière pour éteindre la LED par beau temps, mais sans marge. La méthode des deux bords consiste à repérer les deux positions où la LED se remet à clignoter et à se placer au milieu.
Ce que les modèles supérieurs ajoutent
Sur les SL-QDM et SL-QDP, le récepteur a cinq LED à trois états, soit quinze niveaux de réglage lisibles directement, plus une assistance sonore et, en option, un module d’alignement automatique BAU-4. La TNR n’a qu’une LED et le testeur. C’est le prix d’une barrière à piles : chaque LED allumée est de l’autonomie en moins.
Les trois sorties du récepteur
Trois informations, trois calibres à respecter.
| Sortie | Type | Calibre | Signale |
|---|---|---|---|
| Alarme | Form C statique | 3,6 VDC, 0,01 A, durée 2 s (± 1) | Les deux faisceaux coupés |
| Autoprotection | N.C. statique | 3,6 VDC, 0,01 A | Couvercle piles du récepteur ouvert |
| Batterie basse | N.C. statique | 3,6 VDC, 0,01 A | Piles faibles, des deux colonnes |
Le défaut pile de la colonne émettrice est transmis à la réceptrice par le faisceau infrarouge, sans liaison supplémentaire. La sortie batterie basse du récepteur couvre donc les deux colonnes.
C’est le vrai point fort du produit et il est sous-vendu : sur une marque qui facture son module radio 50 à 90 euros pièce, ça vous en économise un.
Limite électrique, à ne pas rater
Ces sorties ne sont pas des relais, ce sont de minuscules interrupteurs électroniques, prévus pour 3,6 V et 10 mA au maximum. Parfait pour un module radio à piles. Mais une zone de centrale filaire tourne en 12 V : c’est trop pour eux. Et même au repos, ils laissent passer un petit courant qui fausse la lecture de la centrale. Pour du filaire, il faut le PCU-5. Ce n’est pas une précaution d’éditeur, c’est la limite du composant.
Les modes d’alimentation
Le même détecteur, plusieurs installations qui n’ont ni les mêmes contraintes ni le même intérêt.
Tout piles
Deux piles lithium taille D par colonne, quatre au total, dans la plage 3,6 à 3,9 V. Optex recommande la VITZROCELL SB-D02HP : 3,9 V, 16 Ah, 150 mA de courant recommandé, 250 mA de décharge maximale, plage de -40 à +85 degrés.
Variante : huit CR123A de 3,0 V par colonne, seize au total, dans deux supports CRH-5 de 34 x 34 x 56 mm.
Hybride, une colonne câblée par le PCU-5
Le PCU-5 Power Convertor Unit remplit deux fonctions à la fois : il abaisse le 12 V de la centrale vers le 3,9 V attendu par la barrière, et il remplace les petites sorties électroniques par de vrais relais, comme sur n’importe quel détecteur filaire. Il se loge dans la colonne, à la place du bloc piles.
| PCU-5 | |
|---|---|
| Tension d’entrée | 10,5 à 30 VDC |
| Courant absorbé | 80 mA maximum |
| Tension de sortie | environ 3,9 VDC |
| Courant de sortie | 10 mA maximum |
| Sortie alarme | relais Form C, 30 VDC 0,2 A |
| Batterie basse | relais N.C., 30 VDC 0,2 A |
| Autoprotection | relais N.C., 30 VDC 0,2 A |
| Température | -20 à +60 degrés |
| Dimensions | 71 x 53 x 20 mm |
| Conditionnement | 1 unité par set |
Un quatrième relais Form C est présent sur le bornier mais repéré Unused sur le schéma Optex, sans autre précision. Il ne sert pas sur la TNR.
Le seul schéma documenté par Optex pour la TNR est celui-ci : récepteur câblé par le PCU-5, émetteur sur piles. Optex l’appelle « alimentation filaire d’un élément ».
Seule contrainte : plus le câble est long et fin, plus la tension baisse en route. Le tableau ci-dessous donne la perte selon la longueur et la section du câble.
Chute de tension sur la ligne d’alimentation, calculée pour 80 mA, aller et retour, cuivre à 20 degrés
| Section | 50 m | 100 m | 200 m | 300 m |
|---|---|---|---|---|
| 0,22 mm², câble alarme standard | 0,63 V | 1,25 V | 2,51 V | 3,76 V |
| 0,28 mm², SYT1 6/10 | 0,49 V | 0,98 V | 1,95 V | 2,93 V |
| 0,64 mm², SYT1 9/10 | 0,22 V | 0,43 V | 0,87 V | 1,30 V |
Le calcul à faire, et celui que tout le monde fait
Le PCU-5 accepte 10,5 V au minimum. Avec une centrale à 13,8 V en charge, la marge paraît confortable : 3,3 V. C’est ce calcul-là qui est faux. Le bon cas est celui de la centrale sur batterie de secours, descendue vers 11 V : il ne reste alors que 0,5 V avant le décrochage.
En 0,22 mm², vous êtes hors jeu dès 50 mètres. En SYT1 9/10, vous tenez 300 mètres. Prévoyez 8 conducteurs par colonne câblée : 2 pour l’alimentation, 2 par boucle pour l’alarme, l’autoprotection et la batterie basse. Et n’oubliez pas d’ajouter les 80 mA au bilan d’autonomie de la batterie de secours : ce n’est plus du microampère.
Piles partagées avec le module radio, BCU-5
Troisième option, souvent ignorée. Le module BCU-5 alimente l’émetteur radio tiers depuis les piles de la barrière et partage l’information batterie basse entre les deux. Entrée 3,2 à 4,0 VDC, consommation propre d’environ 5 µA à vide, sortie 2,3 à 3,6 V en normal et 2,0 à 2,6 V en batterie basse, 100 mA maximum. Intérêt : un seul jeu de piles à surveiller et à remplacer dans la colonne, au lieu de deux.
Encore faut-il un module qui accepte d’être alimenté de l’extérieur. Ce n’est le cas ni du Transmitter d’Ajax, dont la notice interdit de raccorder une alimentation tierce sur ses bornes, ni du DS-PM1-I1-WE d’Hikvision, dont les bornes + et − sont une sortie 3,3 V destinée à alimenter un détecteur, pas une entrée. Avec ces deux modules, le BCU-5 reste dans son carton.
Raccorder à une alarme radio
Le nombre d’entrées du module décide de ce que vous verrez sur votre téléphone.
Le logement de l’émetteur radio
C’est le détail qui fait de la TNR une barrière « radio » sans qu’Optex vende la moindre radio. Derrière le capot, au-dessus de la carte, un volume de 35 x 47 x 141 mm est laissé libre pour y loger le module d’entrée filaire de votre marque d’alarme. Le module reste alimenté par ses propres piles : le BCU-5 ne concerne que les modules prévus pour une alimentation externe, ce qui n’est le cas ni chez Ajax ni chez Hikvision. Rien ne dépasse, la colonne garde son IP65 et son apparence.
Les deux modules cités plus bas y entrent sans forcer : le Transmitter Jeweller d’Ajax mesure 100 x 39 x 22 mm, Ajax demandant au minimum 110 x 41 x 24 mm de place, et le DS-PM1-I1-WE d’Hikvision 102 x 41 x 20 mm. Pour une autre marque, vérifiez les dimensions avant d’acheter, il n’y a pas de seconde chance une fois le capot refermé.
Deux points d’attention. Les câbles du module vont sur le bornier du récepteur, deux fils par sortie utilisée. Et l’autoprotection de la barrière ne surveille que le couvercle des piles : si votre module a son propre contact d’autoprotection, câblez-le, c’est lui qui verra l’ouverture du capot.
En mode piles, les trois sorties statiques vont directement sur les entrées basse tension du module radio. Deux marques, deux résultats.
| Critère | Hikvision DS-PM1-I1-WE | Ajax Transmitter Jeweller |
|---|---|---|
| Entrées disponibles | ZONE, TAMP, AM/OUT | ALARM, TAMP |
| Alarme | sur ZONE | sur ALARM |
| Autoprotection | sur TAMP | sur TAMP |
| Batterie basse | sur AM/OUT, configuré en entrée anti-masquage | en série avec l’autoprotection, sur TAMP |
| Sortie 3,3 V du module | non raccordée, la barrière garde ses piles | |
| Résultat dans l’application | trois événements distincts | une pile faible remonte en sabotage |
Fil par fil, d’après les couleurs de la notice Optex (section 3-5 Wiring) et les borniers des deux modules :
Les deux contacts étant normalement fermés, la mise en série fonctionne électriquement chez Ajax, mais les deux causes se confondent : vous recevez une notification de sabotage sans savoir s’il s’agit d’une pile en fin de vie ou de quelqu’un qui ouvre la colonne. Le Transmitter ne lit pas de résistances de fin de ligne : inutile d’en ajouter. Pour dissocier, il faut un second Transmitter réglé en type Dysfonctionnement, un MultiTransmitter qui gère le 2EOL et le 3EOL, ou repasser en filaire par le PCU-5.
Informations complémentaires
Une barrière ne remplace ni la centrale, ni les détecteurs intérieurs. C’est un détecteur périmétrique : son intérêt est de déclencher avant l’effraction, pendant que l’intrus est encore dehors. C’est la seule famille de détecteurs qui vous offre du temps, et c’est aussi celle qui pardonne le moins une erreur de pose.
Verdict
Un bon détecteur, à condition d’accepter ce qu’il n’est pas.
La SL-100TNR fait exactement ce qu’elle annonce : une détection périmétrique propre, sans câble, avec une astuce réellement utile sur la remontée du défaut pile. Et elle le fait de façon fiable, pour des raisons qui tiennent à la conception, pas au discours : un faisceau modulé que le soleil ne perturbe pas, deux faisceaux à couper en même temps, une réserve de portée de près de neuf fois la distance nominale pour encaisser le brouillard et la pluie, un boîtier IP65 donné de -20 à +60 °C, et une supervision des piles des deux colonnes avec cinq à six ans d’autonomie. Une barrière qui ne déclenche ni au passage d’un chat ni au coucher du soleil, c’est ça, la fiabilité. Le viseur x2, la double possibilité radio ou filaire et l’accès aux piles sans désalignement sont du travail d’ingénieur, pas de l’argument commercial.
Ce qu’elle n’est pas, la brochure ne le dit pas. Elle n’est pas multi-canaux, donc elle ne se superpose pas et ne s’aligne pas en série. Elle n’a que deux faisceaux, donc elle demande une hauteur de pose réfléchie. Optex ne lui attribue ni discriminateur environnemental ni chauffage, donc elle n’est pas faite pour un terrain très exposé. Et ses sorties ne se branchent pas directement sur une centrale filaire : il faut le PCU-5.
Si votre besoin est une allée, un portail isolé ou un abri au fond du jardin, avec un récepteur posable près du bâtiment, c’est un très bon choix. Si vous protégez une limite de propriété longue, exposée et sensible, montez en gamme. La SL-350QFR reste une barrière faible consommation pensée pour la radio, avec quatre faisceaux, quatre canaux et 100 mètres de portée. Les SL-QDM et SL-QDP, filaires, ajoutent la double modulation, et la QDM le réglage automatique de puissance.
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